Comment trouver un bon éditeur ?

Réussir à faire éditer un roman a toujours été difficile. Cela l'est encore davantage aujourd'hui dans la mesure où, non seulement les maisons d'édition subissent de plein fouet la crise économique mais, en plus, elles sont concurrencées par les ouvrages publiés sur le net.

 

Ce préambule pour vous dire que, quelle que soit la qualité de votre ouvrage, vous risquez d'essuyer un certain nombre de refus. Même si c'est plus facile à dire qu'à faire, il ne faut pas pour autant vous décourager.

 

 

À quoi repère-t-on une arnaque ?

 

Aux délais : 1 arnaqueur donne une réponse en 15 jours et sort un livre en 1 mois. 

 

1 vrai éditeur passe par des commissions de lecture lourdes, donne une réponse ferme en général en 6 mois et édite au mieux 6 mois plus tard. Souvent 1 an après l'acceptation du comité.

 

À la communication de l'éditeur : si sur le site de l'éditeur il y a écrit "faites-nous parvenir vos manuscrits", c'est très mauvais signe ! En général, un bon éditeur croule sous les envois de manuscrits.

 

À la finance : 1 arnaqueur demandera toujours de l'argent, pour la com,' pour l'achat d'un stock de livres au prix fort, etc.

 

Un vrai contrat d'éditeur, c'est un contrat avec des droits et devoirs pour les 2 parties.

 

Un éditeur normal ne demande rien, au contraire, il propose gratuitement un petit stock de livres appelés "hommage" (environ 10 livres). Certains éditeurs proposent même un "avaloir" autrement dit, il donne de l'argent en avance sur les ventes. 

 

Toutefois, si l'auteur souhaite acquérir de lui même un peu plus de livres, l'éditeur lui propose l'ouvrage avec, en fonction parfois du stock souhaité, une remise  / au prix public de 25%, 30% voir, rarement, de 40%.

 

A noter que l'auteur est payé ensuite, une fois par an, en droits d'auteurs. Ceux-ci varient de 3% à 8%, rarement plus, du prix public du livre. Le pourcentage dépend principalement du tirage, de la notoriété de l'auteur, de l'habitude de l'éditeur.

Pour info, la répartition des recettes d'un livre de 10 euros TTC se répartissent grosso modo ainsi : 3 euros pour le libraire, 3 euros pour le diffuseur (le nerf de la guerre, celui qui prend les livres chez l'éditeur et les place, parfois même en fait la pub,  chez le libraire) 3 euros pour l'éditeur (qui a à sa charge la relecture de l'ouvrage, le paiement de la couv au graphiste et l'impression) et enfin un petit euro (auquel il faut retirer environ 10% de charge !) pour l'auteur (lire aussi notre billet : Devient-on facilement riche en étant écrivain ?). 

 

 

Il existe un paquet d'éditeurs truands qui acceptent très vite votre manuscrit avec moult compliments et, une fois que vous avez bien collaboré avec eux, que vous êtes plein d'enthousiasme, de projets et d'illusions, ils vous annoncent qu'une petite participation sera prévue pour la promotion de votre livre, petite participation qui se monte souvent à plusieurs milliers d'euros.

Souvent ils ne relisent ni ne corrigent votre ouvrage, ou alors - et à la limite c'est moins pire car au moins le livre sort proprement - en service payant. C'est donc ces éditeurs qu'il s'agit d'éviter.

Du moins tant qu'on n'a pas épuisé toutes les autres solutions. Car il faut le reconnaître, avoir un bon manuscrit dans un tiroir, ce n'est pas drôle non plus. 

 

Voici ci-dessous quelques belles vraies maisons d'édition chez qui les auteurs de l'asso Les Romanciers Nantais sont publiés

(la plupart de ces maisons, bien sûr, croulent sous les manuscrits...) :

 

À Nantes : Coiffard, D’Orbestier, Joca Seria, l’Atalante

 

Également Le Petit Véhicule

 

Dans l'Ouest : Coop Breizh (Finistère), Geste, Le Petit Pavé (Angers)

 

À Paris :

Flammarion, Gallimard, l’Atelier Mosésu, Parigramme

 

Ailleurs en France :

Actes Sud, Le Toucan

 

Étranger :

Chloé des Lys (Belgique)

 

Conseils 1 :

Faites toujours relire par des proches vos manuscrits.

Faites preuve de beaucoup d'humilité. Car ce qui est pour vous l'oeuvre d'une vie apparaît souvent aux autres comme un ouvrage avec des erreurs. Et si vos proches sont trop polis pour vous faire des remarques, demandez-leur : « Mais s'il fallait l'améliorer, vous feriez quoi ? ». 

Une fois le tout revu, trouver un ou plusieurs amis fortiches en orthographe qui puissent découvrir ce que, ni votre œil fatigué, ni votre correcteur d'orthographe n'ont décelé.

 

Conseils 2 :

Parcourez les bibliothèques, les rayonnages des magasins, repérez les éditions qui publient le genre de livres que vous écrivez.

Allez voir sur leur site et vérifiez que votre roman est très proche de leur ligne éditoriale.

Ciblez vos envois. Pour ne pas inutilement leur faire perdre du temps. Aussi parce qu'à chaque fois, vous aurez à envoyer un manuscrit imprimé.

 

 

Conseils 3 : 

Quand vous recevez enfin votre contrat d'éditeur, prenez soin de bien le relire... Éventuellement, si une clause ne vous plait pas, dans la mesure où c'est justifié, il y a souvent moyen de discuter... 

 

 

Voilà, bonne chance, éventuellement si ces quelques mots vous ont aidé, envoyez-moi un petit mot,

cordialement,

 

Didier San Martin

Romancier, Président de l'asso Les Romanciers Nantais